Programme pour les enfants de 4 à 7 ans

La formation s’étale sur 8 semaines. Chaque semaine se compose d’une leçon principale de 30 minutes et de 4 moments d’approfondissement de 10 minutes. Des « trucs pour la maison » permettent aux parents de s’impliquer en pratiquant avec leur enfant.

La formation est structurée de façon à pouvoir être dispensée en classe avec le concours des enseignant(e)s titulaires et la collaboration des parents. En pratique privée, la collaboration s’établit entre l’instructeur et les parents.

semaine 1. Le A de attention

L’entraînement à l’attention est une manière efficace et amusante d’apprendre aux jeunes enfants à gérer le stress qu’ils éprouvent quotidiennement dans la cour de récréation, en classe ou à la maison. Ce stress venu de l’extérieur n’est pas le seul à peser sur la vie des enfants. Quand ils exigent beaucoup (trop) d’eux-mêmes, quand ils ne connaissent pas leurs limites, quand ils réagissent instantanément à toutes les sollicitations, ils subissent un stress intérieur éprouvant.

Ils s’exerceront avec leur corps par des jeux, des histoires et des exercices de mouvement, à faire attention à ce que l’on est en train de faire tout en le faisant. En s’exerçant à diriger leur attention, les enfants apprendront beaucoup sur leur monde intérieur pour l’utiliser à bon escient dans le monde extérieur. Ils apprendront à attacher de l’importance à « ne rien faire », à ne pas être obligés de tout réussir tout de suite. En dirigeant leur attention pendant un instant uniquement sur leur respiration, ils constateront qu’ils parviennent à se détendre et à trouver cela fort agréable.

Cet entraînement permet:

  • d’accorder une attention bienveillante et indulgente à ce qui se passe dans ce moment précis,
  • de ne pas pouvoir faire de « fautes », tout ce qui est vécu est à prendre comme une expérience,
  • de s’exercer à être présent à ce qui se passe maintenant, sans y changer quoi que ce soit.

semaine 2. A l’aventure de son corps

Nous habitons dans notre corps tous les jours, maintenant aussi. Notre corps nous envoie toutes sortes de signaux, il nous dit quand nous sommes fatigués, contents, nerveux, fâchés, anxieux ou tristes. Comment gérons-nous ces informations?

Lorsque nous sommes présents de façon consciente et attentive à notre corps, nous avons la possibilité de comprendre ce qu’il nous dit même si nous n’arrivons pas toujours à mettre des mots sur ces messages. Il en résulte des tensions souvent trop fortes et on ne parvient pas à se relâcher comme il le faudrait alors que ces tensions appartiennent déjà depuis longtemps au passé.

En prêtant très jeune une attention consciente aux signaux de son corps, l’enfant se familiarisera avec ce langage du corps. Il apprendra aussi qu’il existe des limites. Assez c’est assez, trop c’est trop.

Se familiariser très jeune avec son corps tel qu’on le sent dans le moment présent est d’une valeur inestimable. Cela apprend à avoir confiance en soi et à écouter ce qui se passe dans son monde intérieur, que les messages soient agréables ou moins agréables. Cela exige de l’attention et de la curiosité.

semaine 3. Le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue et le toucher

L’utilisation des sens nous amène à l’expérience immédiate. Ce que l’on voit, goûte, sent ou entend est vraiment là. C’est la réalité en ce moment précis. Autre chose est ce que l’on en pense. Les attentes et les désirs jouent un grand rôle dans notre pensée. Notre esprit critique interfère aussitôt en se racontant des histoires sur la façon dont ça devrait être, dont ça pourrait être ou encore comme ça devrait supposé être.

Par les sens, on apprend à observer objectivement et dans l’instant comme si nous en faisions l’expérience pour la toute première fois, sans interpréter ou émettre un jugement.

Si nous observerons que nous jugeons ou que nous interprétons, et qu’ensuite nous arrivons à lâcher prise, nous serons alors capable de regarder, toucher, goûter, entendre, sentir et voir ce qu’il y a à voir sans préjugé, sans escale mentale. Faire nos expériences sensorielles nous met immédiatement dans la réalité du moment.

Les jeunes enfants s’y connaissent en ce domaine. Il reste donc à poursuivre sur cette voie et à les encourager à s’y exercer.

semaine 4. Les émotions, on les ressent

La colère, la joie, la peur et la tristesse sont toujours ressenties dans notre corps. Ces émotions nous affectent positivement ou négativement, tandis que certains sentiments sont plutôt neutres et ne retiennent pas beaucoup notre attention. Nous aimerions tant n’éprouver que des émotions agréables et nous débarrasser au plus vite des autres. Parfois, comme si c’était inconvenant de ressentir des émotions, nous les cachons et les réprimons ce qui ne nous facilite pas la tâche. Les émotions constituent une part très importante et constante de notre vie, elles influencent fortement nos comportements. C’est fort utile de savoir que les émotions ressenties ne durent pas très longtemps (de quelques secondes à dix minutes).

La pratique de cette semaine consiste à détecter, reconnaître et accepter avec bienveillance les émotions ressenties. Nous ne sommes pas obligés de changer nos émotions, de les cacher, de les retenir ou de s’y accrocher. En leur prêtant simplement une attention consciente et bienveillante au moment où elles sont présentes, nous leur accorderons le droit d’exister sans se laisser entraîner par elles et sans les ignorer. Nous apprendrons à nous maintenir sagement entre ces deux pôles.

Les enfants vont apprendre que les émotions, qu’elles soient pénibles ou agréables, font partie de la vie. Telle émotion n’est pas préférable à telle autre.Elles sont tout simplement là, on ne peut rien y changer. Mieux on les connaît, mieux on saura les gérer.

Il est essentiel que chaque enfant apprenne à faire la distinction entre ce qu’il est lui-même et les émotions qu’il éprouve.

semaine 5. L’acceptation des émotions

Accepter nos émotions est une attitude intérieure qui consiste à reconnaître que les choses sont telles qu’elles sont. Cela permet de porter un regard neuf et ouvert sur le présent: émotions, pensées, comportement. Accepter ne veut pas dire que tout est bien. C’est juste reconnaître ce qui est en ce moment précis, sans y ajouter une opinion, sans porter un jugement.

Durant cette semaine, les enfants apprendront à porter leur attention sur les émotions agréables et moins agréables, à exercer leur esprit à les gérer sereinement:

  • en repérant les émotions ressenties dans leur corps
  • en acceptant que ce soit des émotions agréables, désagréables ou neutres
  • en leur accordant une attention bienveillante, sans les réprimer, sans se laisser entraîner dans leur tourbillon.

L’attention nous permet de discerner avec plus de clarté ce qui nous est personnel et ce qui ne l’est pas. Les pensées ne cessent de surgir dans notre esprit tandis que les émotions durent bien moins longtemps que ce que nous pensons. Alors nous devenons progressivement capables d’observer le lien qui existe entre émotion, pensée et comportement. Une attention consciente, bienveillante et sans jugement nous ouvre à cette attitude compréhensive.

Lorsqu’il y a des tensions, de conflits, des choses désagréables, nous avons tendance à éviter de vouloir les ressentir, à les exclure, à les enfouir. Nos enfants ne font pas autrement. Au cours de cette semaine, ils vont apprendre que c’est déjà bien de reconnaître les émotions et de les accepter comme elles sont.

semaine 6. Bouger consciemment

Bouger, ça concerne le corps, mais bouger consciemment, ça implique le corps et la conscience. Si les deux coopèrent, on peut remarquer ce dont on peut se rapprocher et ce dont il faut s’éloigner. On peut savoir où est la limite à ne pas franchir. On sait quand c’est assez et quand c’est trop. En étant conscient de ce qu’il mobilise, l’enfant apprendra dès son plus jeune âge à gérer ce qui est suffisant, ce qui est possible et ce qui a une limite.

En bougeant consciemment son corps, le contact avec la réalité est établi. On obtient ainsi d’importantes informations qui nous permettent de faire des choix: je continue ou je m’arrête, c’est sensé ou c’est stupide, c’est assuré ou c’est dangereux.

En vivant consciemment tout ce que l’on ressent, sans se défiler, sans porter de jugement, on apprendra à mieux faire confiance à son corps qui est un allié plein de sagesse. Nous saurons écouter et tenir compte des messages qu’il nous envoie.

semaine 7. La force de l’imagination

Notre imagination nous permet de créer mentalement des « images ». Son développement est tout aussi important que le développement de l’intelligence ou la capacité à gérer les émotions et le monde des pensées.

On peut ainsi gérer avec créativité ce que l’on craint (les images effrayantes, les cauchemars) ou ce à quoi l’on aspire (les désirs). On comprend alors que les images effrayantes et les désirs sont seulement des images fabriquées par notre esprit. En les visitant, les enfants seront progressivement en mesure de mieux les apprivoiser.

En utilisant consciemment nos images intérieures, on pourra aussi apprendre à faire émerger des qualités jusqu’ici enfouies pour les révéler, les améliorer et se permettre de croire qu’un jour quelque chose qui nous importe changera. Si les enfants comprennent que l’on peut recaler, déplacer ou mettre en évidence des images, on aura fait un pas important dans l’entraînement et la compréhension de la pensée.

C’est impossible de manipuler la réalité, mais on peut l’affronter différemment si l’on sait gérer les images que l’on s’en fait. En faisant confiance en sa capacité à organiser autrement les choses que l’on trouve compliquées ou insurmontables, en ayant la patience de la chenille qui deviendra papillon, nous nous mettons en relation avec des parties de nous-mêmes qui ne sont pas accessibles à la pensée logique. On s’entraîne à comprendre par la « vue » plutôt que par la pensée. C’est ainsi que l’on stimule notre intuition.

semaine 8. Etre gentil, c’est agréable

La gentillesse est l’une des qualités les plus importantes de chacun d’entre nous. La gentillesse n’exclut personne, elle ne juge pas, elle va droit au coeur. Elle nous permet de grandir, d’apprendre la confiance en soi et à faire confiance aux autres.

Encourager la gentillesse et s’entraîner à être sincèrement gentil à des effets très positifs. Un compliment s’inscrit durablement dans le corps comme une sensation agréable. Chaque fois que l’on y pense, cette émotion positive ressurgit.

Tous les enfants (et tous les adultes) aiment recevoir et faire des compliments. On crée ainsi une atmosphère détendue autour de nous et dans notre monde intérieur. Les comportements désagréables sont font alors plus rares. Le besoin de s’entraider et de s’accepter tels que nous sommes dans notre cercle de connaissance augmente.

C’est agréable et amusant d’être gentil. Les enfants peuvent s’entraîner à l’être un peu plus souvent, un peu plus intensément.