Programme pour les enfants de 8 à 11 ans

La formation s’étale sur 8 semaines. Chaque semaine se compose d’une leçon principale de 30 à 50 minutes et de 4 moments d’approfondissement de 10 minutes. Des « trucs pour la maison » permettent aux parents de s’impliquer en pratiquant avec leur enfant.

La formation est structurée de façon à pouvoir être dispensée en classe avec le concours des enseignant(e)s titulaires et la collaboration des parents. En pratique privée, la collaboration s’établit entre l’instructeur et les parents.

semaine 1. Observer et se concentrer

S’entraîner à l’attention vise à apprendre aux enfants (et aux adultes) à être totalement présents à ce qui se passe dans le moment vécu en adoptant une attitude d’ouverture et de bienveillance que ce soit dans le monde extérieur ou dans notre monde intérieur. Sans  se laisser entraîner par l’agitation quotidienne, sans porter de jugements de valeur, sans rejeter ou ignorer ce qui se passe, nous sommes présents à ce que l’on fait, à ce qu’on pense ou à ce que l’on ressent. Nous sommes ici, maintenant et dans cet espace de rencontre.

Beaucoup d’enfants souhaiteraient savoir comment s’affranchir du flot de pensées qui les submerge si souvent pour permettre à leurs sentiments de se manifester. Ils aimeraient aussi comprendre leurs propres réactions, et celles des autres pour apprendre à être avant tout eux-mêmes.

L’entraînement à l’attention commence en observant et en se concentrant sur le mouvement de la respiration. En faisant cela, nous sommes présents à ce qui se passe dans l’instant.

Pour s’exercer, la respiration est toujours à disposition. Elle permet de prendre toujours davantage conscience de notre monde intérieur et nous pousse vers la concentration et l’observation.

semaine 2. Etre à l’écoute de son corps

Outre l’attention que l’on apprend à accorder à la respiration et à certains objets qui nous entourent, il vaut la peine d’être pleinement conscient des différentes parties qui constituent notre corps. La vie trépidante des enfants fait qu’il devient nécessaire de savoir repérer puis reconnaître que l’on est fatigué voire épuisé.

L’agitation, l’effort, le sport, les tensions quotidiennes et les événements agréables laissent de petites traces dans notre corps. Celui-ci réagit en conséquence. En dirigeant régulièrement notre attention sur notre corps, nous serons en mesure de sentir où se situent les limites à respecter: trop de travail, trop peu de nourriture, trop de fatigue, trop peu de sommeil, …

Tout cela, nous pouvons le ressentir à condition d’être attentifs aux messages que ne manque pas de nous communiquer notre corps. Les limites des uns ne sont pas forcément les limites des autres.

Faire confiance à notre corps est d’une valeur inestimable.

En adoptant une attitude généreuse et pleine de curiosité, nous pourrons discriminer les signaux importants de ceux qui le sont moins. Cela réclame beaucoup d’attention car ce que l’on ressent change constamment. De l’attention mais aussi du courage car tous les ressentis ne sont pas agréables à observer. En étant pleinement présent à notre corps, nous apprenons à le connaître, à le respecter, à l’admirer et à le regarder comme un endroit très particulier dans lequel nous sommes appelés à habiter toute notre vie.

3. Goût, odorat, ouïe, vue et toucher

L’utilisation de nos sens amène à l’expérience immédiate. Ce que l’on voit, goûte, sens ou entend est vraiment là, en ce moment. Par contre, ce que l’on en pense, c’est tout autre chose parce que l’on fait alors intervenir des jugements (c’est beau, c’est laid, c’est trop fort, ça n’a pas de goût), ou bien des souvenirs (autrefois, c’était mieux, plus amusant, plus rassurant, plus chaleureux, plus calme) ou encore des opinions (demain, je réaliserai une meilleure performance, je comprendrai mieux).Les attentes et les désirs jouent également un grand rôle dans nos pensées: (je vais à nouveau me faire enguirlander, ça va de nouveau mal finir, je veux absolument être le n°1).

Notre esprit critique interfère aussitôt en nous racontant des histoires sur la façon dont ça devrait être, dont ça pourrait être ou encore dont c’est supposé être. Souvent c’est à l’opposé de ce qu’est la réalité simplement observé. Mieux vaut alors le fier à nos sens sans s’obliger à faire intervenir la pensée. Mieux vaut percevoir comme si on en faisait l’expérience pour la première fois.

Lorsque l’on remarque que l’on juge ou que l’on interprète, veillons alors à lâcher prise pour revenir au fait de regarder, toucher, goûter, entendre, sentir  et voir ce qui est à percevoir, sans a priori. Tout l’éventail de cette riche expérience du moment présent nous pénétrera directement, sans le détour par le mental.

4. Patience, confiance et lâcher prise

Toute la semaine portera sur le désir, le désir d’une situation qui serait différente de la situation actuelle.

Nous souhaitons que les choses soient autrement qu’elles le sont en réalité: meilleures, plus sûres, plus belles, plus faciles ou encore comme autrefois. Nous éprouvons parfois un sentiment de déception, de chagrin, de solitude ou encore la crainte que les choses ne s’arrangent jamais. C’est forcément aussi le cas pour les enfants. Dans ces moments-là, le désir joue un grand rôle: un profond souhait que les choses changent. Il s’agit de l’un des moteurs qui nous font avancer. C’est donc une attitude très saine mais hélas qui peut poser problème. Elle nous porte constamment vers ce que nous n’avons pas plutôt que vers ce que nous possédons déjà. Cela peut être malheureusement fort destructeur.

5. Les émotions, on les ressent

Les émotions surgissent en réaction à des situations vécues, à des pensées ou à des actions. Principalement, nous ressentons la colère, la joie, la peur et la tristesse dans notre corps. C’est pourquoi on les appelle aussi des sensations capables de nous affecter si intensément que l’on peut en être complètement bouleversé tant positivement que négativement.

On voudrait se débarrasser immédiatement des émotions pénibles telles que l’angoisse, la tristesse, la douleur, la honte, la confusion ou le doute. Comme on aimerait que les émotions agréables durent et s’éternisent. Tout comme soi, les autres peuvent émettre une opinion sur les émotions ressenties: montrer ses émotions est inconvenant, il faut se taire ou cacher ce que l’on ressent, un garçon ça ne pleure pas, etc. Pourtant, les émotions constituent une part très importante et constante de notre vie, elles influencent sensiblement nos comportements. Mais, contrairement à ce que l’on pense souvent, elles ne durent pas très longtemps: de quelques secondes à une dizaine de minutes, pas plus.

Durant cette semaine, nous veillerons à détecter, reconnaître et accepter avec bienveillance les émotions ressenties. Il n’est pas nécessaire de transformer les émotions éprouvées, de les cacher, de les retenir ou de s’y accrocher. Avec une attention consciente et bienveillante, nous apprendrons à vivre pleinement l’émotion qui nous traverse, comme une partie de nous-mêmes. Nous chercherons comment éviter soit de se laisser entraîner par elle, soit de l’ignorer. La meilleure attitude consiste à se tenir à bonne distance entre ces deux extrêmes.

Les émotions sont tout simplement là. C’est comme le temps, on ne peut rien y changer. Si l’on est sage, on peut penser à se tenir à l’abri de l’orage qui gronde, puis se remettre en chemin lorsque le temps est à nouveau plus clément. Le plus important consiste à faire la distinction entre ce qu’on est soi-même ( c’est durable, fiable, consistant) et les émotions ressenties (c’est fugace comme un nuage qui passe dans le ciel).

6. Le monde des pensées

Dans notre vie quotidienne, les enfants sont constamment bombardés par une surcharge de stimuli, de sensations et de situations pratiques diverses. On n’a pas à les refuser ou à les évacuer toutes, ce serait impossible. Cependant, il est important de disposer des outils adéquats pour reconnaître puis gérer efficacement tous ces stimuli.

Souvent, les enfants ne remarquent même pas qu’ils produisent des pensées et des opinions, portent des jugements ou se plongent dans le doute. S’ils s’en rendent compte, ils prennent cela pour la réalité et ils s’y accrochent: je ne serai jamais promu en classe supérieure, mes camarades ne me trouvent pas sympathique, ils ne vont pas m’inviter, etc. C’est usant de fonctionner ainsi.

Au cours de cette semaine, nous allons faire connaissance avec le flot des pensées qui ne s’arrête jamais et nous allons apprendre comment avoir de l’influence sur toutes ces pensées. Cela permettra d’obtenir une plus grande tranquillité d’esprit. Savoir remarquer que l’on est maintenant distrait, que l’on est en train de ruminer ou que l’on se fait du souci nous apprendra à mieux nous concentrer sur ce qui en vaut vraiment la peine.

Nous apprendrons:

  • à maîtriser nos pensées: ainsi, les processus de pensée seront plus clairs et nous pourrons mieux les contrôler,
  • à accroître la tranquillité d’esprit et la capacité à gérer des « pensées perturbantes »
  • à mieux diriger notre attention bienveillante et consciente pour ainsi mieux nous rendre compte de ce qui se passe autour de nous. Nous serons alors moins distraits par les histoires qui traversent notre esprit ou par des stimuli extérieurs,
  • à donner de l’espace aux pensées créatives,
  • à améliorer notre mémoire,
  • à être plus présent dans l’instant même, à être dans l’expérience même plutôt que dans la pensée de cette expérience.

7. Etre gentil, c’est agréable

La gentillesse est essentielle à la vie de l’être humain. La gentillesse ne juge pas, elle n’exclut personne et elle va doit au coeur. Elle permet de grandir, d’apprendre à avoir confiance en soi-même et dans les autres.

Si nous les cultivons, les pensées bienveillantes peuvent avoir un effet important. Nous éviterons alors de condamner machinalement les autres en raison de leur couleur, de leur comportement ou de leur religion. La force d’un mot gentil, d’un geste prévenant ou d’un visage aimable envers soi-même ou envers les autres fera naître une atmosphère calme, paisible, douce et ouverte.

En nous exerçant à être gentil, nous aurons l’occasion d’orienter la boussole de notre coeur. Même dans les moments difficiles, nous pourrons continuer à sourire gentiment, à nous encourager et à espérer que les choses pourront aller mieux demain. Nous pourrons regarder les autres avec compassion même si nous sommes peut-être fâchés contre eux.

En s’exerçant ainsi, les enfants apprendront que ce n’est pas si grave si, parfois, ils se comportent de façon désagréable. Ce sera juste important de prendre conscience que nous avons été désagréables. C’est ce qui fait toute la différence.

8. Le secret du bonheur

Qu’est-ce que le bonheur au juste?

Il est surtout constitué de moments de bonheur. Des moments où nous sommes totalement ouverts et entièrement présents à ce qui est agréable et beau. Des moments où nous sommes capables de nous arrêter là où notre coeur a été touché, sans penser ou chercher à modifier quoi que ce soit.

On peut trouver le bonheur dans des choses toutes simples, dans ce qui va tout bonnement de soi sans qu’il soit nécessaire d’agir ou de laisser faire.

Si nous permettons à notre coeur de se laisser envahir par tous ces moments merveilleux, nous serons souvent heureux.

Le secret, c’est de permettre consciemment à tous ces moments de se manifester sans chercher à les retenir.

Nous n’aurons aucune attente en ce qui concerne la prochaine fois, nous serons tout simplement présents à un autre moment, entièrement présents à ce qui arrivera. Nous serons prêts à ressentir, goûter, entendre, voir et sentir l’odeur du moment à vivre.